Krys, une entreprise Great Place to Work


Krys Group est le leader sur le marché français de l’optique. Créé en 1966, l’entreprise participe depuis 6 ans au Palmarès Great Place to Work avec une belle progression au sein du classement.

 Nous avons pu échanger avec François Devoucoux ancienne DRH de Krys Group. Dans cet entretien, nous avons voulu comprendre les facteurs clés de succès de Krys Group qui lui permettent aujourd’hui d’être une entreprise où il fait bon de travailler. Pour elle, l’innovation managériale n’est qu’un retour à des valeurs humaines d’écoute, d’accompagnement et de valorisation des collaborateurs afin que chacun se sente impliqué et heureux dans son travail.

 

Qu'est-ce que Krys Group ?

Krys Group est un groupe d’enseigne d’optique. En 2017, l’entreprise est classée 11e au Palmarès Great Place to Work des entreprises de plus de 500 salariés. En 2016, l’entreprise était classée 15e et gagne donc 4 places en 1 an. Ce classement récompense les entreprises qui obtiennent le meilleur taux de satisfaction globale des salariés. Il met en lumière les pratiques managériales particulièrement appréciées des collaborateurs : l’ouverture, le dialogue, la prise d’initiative et le management. Le palmarès est fondé sur deux éléments qui sont les mêmes pour toutes les entreprises. D’une part, l’avis des collaborateurs qui comptent pour 2/3 de la note finale. Le questionnaire est complété de manière anonyme par les salariés et ensuite évalué par les équipes de l’institut. D’autre part, un audit RH est réalisé et reprend toutes les bonnes pratiques de l’entreprise en termes de management ou autres. Cette partie compte pour 1/3 de la note. Nous avons donc voulu comprendre les facteurs clés de succès de Krys Group qui lui ont permis d’atteindre ce classement et ce dynamisme.

En 2014-2015, le comité de direction élabore la nouvelle stratégie du groupe pour 2020 intitulée KG20. Au cœur de ce projet, Françoise Devoucoux, ancienne DRH du groupe souhaite mettre un élément autour des hommes. Il s’intitulera KGA et son objectif sera de hisser Krys Group à un horizon 2020, dans les 20 premières places du Palmarès Great Place to Work.

Pour ce palmarès, de nombreux projets collaboratifs ont été mis en place afin de faire remonter les remarques des employés. Des groupes de paroles autour de l’enquête ont été menés, d’abord par le service RH, puis par les managers qui pilotaient au sein de leurs équipes ces groupes de paroles. Le service RH les accompagnait en leur donnant les outils pour animer ces échanges. A la fin, ils ont permis de construire un plan d’action élaboré par les managers et adaptés aux employés. Le service RH voulait favoriser un mouvement bottom-up qui permette d’être au plus près de la réalité des salariés.

Toutefois, une des premières difficultés fut de faire accepter ce projet par le comité de direction qui n’y voyait que quelque chose de futile. Françoise Devoucoux s’est donc attachée à montrer qu’un salarié impliqué et heureux dans son travail sera d’autant plus compétent et permettra à l’entreprise de gagner en compétitivité. Pour réaliser cette transformation, il était donc important de convaincre le comité de direction de son intérêt. Le projet a ensuite été piloté par les managers n-1 qui ont assuré le déploiement de la stratégie ainsi que des valeurs et des pratiques managériales que le service RH voulait mettre en place.

 

Quels changement ont été opérés?

Le premier changement, opéré par Françoise Devoucoux, fut celui de la posture du manager. Traditionnellement le manager est vu comme une figure d’autorité qui gère son équipe et qui s’assure qu’elle remplit bien les objectifs fixés par l’entreprise. Chez KrysGroup, le manager est avant tout un coach. Pour permettre cette transformation le manager a d’abord été invité à avoir un rôle de pilote. Il a dû guider l’équipe afin qu’elle mène à bien sa mission. Le rôle de pilote est ensuite devenu un rôle de coach. Après une formation managériale, notamment sur les process de communication, chaque manager a été invité à casser cette image d’autorité afin d'accompagner davantage son équipe dans le développement personnel de chacun. Pour cela, le manager a découvert davantage chaque membre de son équipe afin d’adapter son management à sa façon de fonctionner, à ses leviers de motivation pour le mettre dans les conditions pour donner le meilleur de lui-même.

Ce changement fut au début difficilement accepté par les managers. Leur crainte était de ne pas être respectés par leurs équipes, de perdre leur autorité mais également d’être dépassé en compétence par leur équipe. Le service RH s’est donc attaché à montrer les bienfaits de cette posture de coach : une confiance plus grande entre manager et managés, une progression plus forte de l’équipe et une meilleure entente dans le groupe.

Pour encourager cette pratique, le service RH n'a pas hésité à plébisciter auprès du comité de direction les managers qui ont développé de nouveaux projets. L'idée était de les mettre en valeur et de leur donner confiance pour inciter au changement.

 

Valeurs et Krys

 A la question, quelles sont les valeurs de Krys, Françoise Devoucoux répond : l’accompagnement, la communication et le management de proximité. L’entreprise prône le « walking management » : il s’agit d’aller au contact des collaborateurs pour avoir en permanence leur ressenti et leur avis. Cela permet de valoriser les travaux de chacun par l’écoute et la prise en considération de ses besoins.

Pour évaluer l’impact de ces valeurs prônées par l’entreprise, le classement Great Place to Work est justement l’indicateur utilisé pour évaluer leur réalité pour les salariés. Krys Group participe depuis 6 ans au classement des Great Place to Work. Or, la première année, l’entreprise était classée 70e avec un trust index de 50. En 2017 l’entreprise se classe 11e avec un trus index de 75. C’est grâce à toute la politique RH orientée autour de la reconnaissance des collaborateurs, de la mobilité interne, de l’évolution au sein de l’entreprise qu’elle a pu se hisser dans le classement.

 

Quelles actions concrètes ?

Nous avons donc voulu en savoir plus sur les actions concrètes menées par l’entreprise afin de développer ces valeurs managériales. Tout commence par un petit déjeuner organisé pour les salariés avec la direction générale et le comité de direction. Ce moment très apprécié des collaborateurs, car il leur permet de poser leurs questions afin de renforcer la communication entre les différentes strates de l’entreprise. Comme nous l’avions entendu dans un précédent entretien, il ne s’agit pas de mettre un babyfoot dans l’entreprise pour renforcer la cohésion d’équipe. Krys Group a donc développé des espaces de co-working pour renforcer le travail d’équipe. Le restaurant d’entreprise a également été revu pour le rendre plus convivial et chaque mois au cours d’un déjeuner, on tire au sort ses voisins de tables afin de ne pas toujours déjeuner avec les mêmes personnes et prendre le temps de rencontrer les autres salariés. Evidemment personne n’est obligé de participer aux initiatives proposées mais elles sont un moyen de renforcer le bien être du salarié au sein de l’entreprise.

Françoise Devoucoux raconte qu’il y a quelques années, les pratiques managériales de l’entreprise étaient trop directives et pas assez dans l’accompagnement des salariés afin de les faire participer à la gestion de l’entreprise. Aujourd’hui, le service RH s’attache à laisser une part de liberté aux salariés afin qu’ils puissent exprimer leurs besoins. Ce fut notamment le cas pour les ouvriers de l’usine de fabrication de verre de Bazainville dans les Yvelines. Après un accroissement de l’activité, Krys Group n’a pas pu augmenter la taille de l’usine pour augmenter la production. Il était donc nécessaire de repenser les horaires des salariés afin de produire plus dans le même temps imparti. Ceci est normalement une négociation lourde avec les syndicats. Il a donc fallu innover. Krys Group a donné aux ouvriers le cahier des charges qu’il fallait absolument respecter, les points incontournables sur lesquels l’entreprise ne négocierait pas. Pour le reste, les ouvriers étaient libres de trouver la solution qui conviendrait à tout le monde. 6-7 groupes de travail se sont organisés pour trouver la solution adoptée : les ouvriers étaient payés 32h travaillés 35h avec pour certains un rythme Samedi-Dimanche-Lundi. Cette proposition n’aurait pas forcément été acceptée si elle était venue de la part du comité de direction. Cependant dans cette situation les ouvriers avaient choisi la situation qui leur convenait le mieux et il y avait même une liste d’attente pour travailler ces trois jours-là. Cet exemple illustre une volonté de faire participer les collaborateurs aux prises de décision les concernant.

Enfin le dernier exemple que nous évoquerons c’est la gestion de l’équilibre vie professionnelle vie privée des salariés. C’est en effet un enjeu important pour permettre aux salariés de bien se sentir dans l’entreprise. Pour permettre cet équilibre, le service RH a mis en place les horaires flexibles. Le salarié peut arriver plus tard le matin, partir plus tôt le soir que le classique 9h-18h s’il a besoin d’emmener ses enfants à la crèche, d’aller les chercher ou alors s’il a une activité le soir. Lors de l’entretien annuel de performance chaque manager prend donc un engagement avec chaque membre de son équipe qui stipule que celui-ci se rend disponible un soir par semaine pour une autre activité en garantissant la réalisation du travail au préalable. Ces engagements sont également suivis par le service RH qui veille à ce que chacun ait un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. La flexibilité mise en avant doit permettre à chaque salarié de gérer ses priorités et permettre à chacun d’être heureux de son travail.

 

Chez Krys Group, le Palmarès Great Place to Work a permis au service RH de comprendre les attentes des salariés en termes de management, de prise d’initiatives, de confiance et d’autonomie afin d’adapter les réponses proposées. Les actions sont simples mais reviennent aux valeurs essentielles du management : l’accompagnement, l’écoute et la confiance. C’est ce qui fait de Krys Group une des entreprises françaises où il fait bon de travailler.